novembre 2014 archive

Fanny Contencon

Fanny a finalement eu son César. Cela pourrait être issu d’un roman de Pagnol et pourtant, c’est tout autre chose dont il s’agit. Replaçons-nous en février dernier, lors de la cérémonie des Césars du cinéma français. Fanny ContenconFanny Contençon vient d’obtenir le prix du meilleur second rôle féminin pour sa composition dans «L’étoile du Nord» ; juste récompense pour une actrice qui, paradoxalement, s’est surtout fait connaître en interprétant des femmes loufoques, gaies et bien dans leur peau. C’est justement de cette étiquette que Fanny veut se débarrasser ; elle sait bien que le public l’adore en partenaire gaffeuse de Francis Perrin, mais elle aimerait qu’on apprécie à sa juste valeur son côté touchant et paumé qui lui colle parfois au cœur. Fanny qui rit, Fanny qui pleure. Fanny en emmerdeuse patentée dans « Tête à claques » puis, le film d’après, en garce intégrale qui en fait voir de toutes les couleurs à sa Signoret de mère dans «L’étoile du Nord». Fanny, épouse dépressive de Dewaere dans «Le paradis pour tous» puis dactylo fofolle et inconsciente dans «Tout le monde peut se tromper». Fanny qui s’évade de son image de blonde acidulée en jouant au théâtre «Le maître et Marguerite», un drame rouge-passion d’après Boulgakov. Ces changements à vue, elle les choisit méticuleusement, consciente du fait qu’on ne nourrit pas éternellement une carrière avec le même plat du jour. C’est cela qui la pousse à accepter indifféremment grands et petits rôles, pourvus qu’ils lui apportent quelque chose. Ainsi, a-t-elle accepté une participation secondaire dans «L’ami de Vincent»face à Philippe Noiret et Jean Rochefort parce que l’histoire lui plaît, tout simplement.

Anne Parillaud

T out au long des années soixante, beaucoup d’hommes (avec Woody Allen à leur tête) rêvaient d’être réincarnés en collant d’Ursula Andress ; aujourd’hui, ils se battraient pour être transformés en un des nombreux pulls de laine d’Anne Parillaud : à juger la façon dont elle les chouchoute à longueur de spots publicitaires, ils seraient ainsi assurés de mener une existence «cachemirdesque» à souhait… !Anne Parillaud Anne Parillaud doit maintenant choisir ses pulls dans la taille «adulte», reléguant aux oubliettes les T.-shirts d’adolescente de ses premières apparitions à l’écran. Que ce soit dans « L’hôtel de la plage » ou «Girls», les films de ses débuts, elle incarne invariablement la minette idéale, draguée par de timides freluquets boutonneux. Des rôles inconsistants qui ne la satisfont pas vraiment. L’année 1979 marque sa première composition dite «sérieuse» dans un téléfilm intitulé «Le temps d’une Miss». Elle se révèle émouvante en fragile provinciale promue au rang de Miss France. Sa participation l’année suivante dans «L’intox» sur les planches et face à Jeanne Moreau achève de convaincre les irréductibles. C’est alors qu’Alain Delon la choisit pour lui donner la réplique dans « Pour la peau d’un flic». Ce film marque une évolution pour Anne Parillaud qui trouve là un rôle à défendre. La métamorphose se poursuit dans «Le battant», toujours sous la férule de Delon. Celui-ci lui offre enfin l’occasion d’incarner une femme de (belle) chair et de sang, avec des répliques spécialement écrites pour elle. La superbe chrysalide est sortie de son cocon et vise désormais les sommets les plus hauts. Rien n’arrêtera son vol au-dessus d’un nid de stars.